C'est reparti pour le fameux challenge des 15 minutes d'écriture que j'avais commencé en 2014. Je vais progressivement remettre en ligne les textes pour ceux qui voudraient y accéder à nouveau.

La règle : prendre un mot au hasard dans le dictionnaire en mettant le doigt sur une page,  mettre un chrono de 15 minutes, et écrire pendant ce temps là, pas plus, un petit texte contenant le mot en question...pas de retouches, juste une relecture pour les fautes ou mots manquants.

Au passage, l'illustration de l'article est trouvée sur google image en tapant le mot trouvé dans le dico, d'où l'absence de lien avec la petite histoire dans un certain nombre de cas.

 

QUOTI_20170609_UNE_affaires

 

Voici donc le texte du jour, avec le mot "précéder" :

Joan ne se souvenait plus bien de ce qui avait pu précéder. Il l'avait acquise au prix de si nombreux efforts, l'attitude parfaite, ni trop discrète, ni trop fière, du parfait collégien qu'on laisse tranquille !

Un regard trop appuyé, un léger sourire, peut-être, car après tout, c'était vendredi soir, et le prof d'anglais avait laissé sortir la classe dix minutes plus tôt, "parce qu'ils étaient trop agités" - drôle de punition. Ils lui ont fait, comme on dit, goûter le goudron...surtout avec la joue gauche. Il a à peine reconnu le grand gaillard qui lui écrasait la tête avec sa vieille Nike pleine de boue. Quelques rires familiers, un coup dans le ventre, deux autres à l'arrière des mollets. Ils ont disparu en un rien de temps, laissant le sac à dos éventré, les feuilles imbibées de l'averse récente, et Joan, un peu sonné.

Le surveillant se tenait là de l'autre côté, tournant ostensiblement le dos : "passé le portail, ce ne sont plus nos affaires". Sa joue collait un peu, un sang poisseux mêlé d'eau sale. Tout ramasser et repartir discrètement, "moi, je ne suis pas un faible". C'avait été lui cette fois, un autre les jours suivants, qu'importe...

Le vrai problème, c'était sa mère. Sa mère et son insupportable "tu n'as pas l'air bien, mon chéri", sa façon si infantilisante de sortir un verre et d'y verser du jus d'ananas "ton préféré", et de demander si c'était grave, si c'était comme dans le documentaire de France 2 l'autre jour...et lui de répondre "t'inquiète, je suis tombé au basket". "Mais je pensais que tu n'avais pas sport aujourd'hui ?". Si tu savais maman, chaque heure, chaque minute avec eux, c'est du sport.