"Tu n'arrêtes pas de t'agiter, mais parfois, tu sais, il faut seulement attendre que les vents soient favorables...". Un conseil de plus qui vient s'ajouter à la longue litanies de recommandations amicales...C'est la première fois, cependant, qu'on lui suggère la passivité. "..enfin, je veux dire, tu ne peux pas tout contrôler." . Pas tout contrôler ? Bien sûr que si. Rhétorique de faible..."Hein, t'en penses quoi ?". Ce qu'elle en pense ? Rien, rien du tout. Cela fait bien longtemps qu'elle ne pense plus. Le silence commence à s'étirer, il va bien falloir répondre quelques chose. Joker : "oui, tu as sans doute raison". Ca marche toujours. C'est pour ça que les gens donnent des conseils, pour le plaisir d'avoir raison. Que ceux-ci soient inutiles, blessants, convenus...peu importe, tant que l'autre fait semblant de les trouver bons. Mais cette fois quelque chose coince. "Tu t'en fous complètement, en fait ?" ...hé merde, ça se voit tant que ça ? Quelque part, cela lui fait plaisir que quelqu'un le remarque enfin, alors elle ne répond pas, et elle sourit en portant sa tasse de thé à ses lèvres. "Pourquoi est-ce que tu m'en parles, si tu n'écoutes pas ce que je te dis ?". Ca, c'est une bonne question, une très bonne question. Petit soupir, "je n'en sais rien, laisse tomber". "Comment ça, laisse tomber ??"...et c'est reparti : en plus d'être la victime, la voilà aussi accusée. "J'aurais mieux fait de me taire..." se dit-elle, pour la millième fois. Malheureusement, elle sait bien qu'elle ne se taiera pas pour autant la prochaine fois. Un problème d'espoir mal placé. Ou alors de masochisme. Pendant qu'elle se pose la question, l'autre s'est levée, agacée. "Il est tard, faut que je te laisse"...C'est ça, dégage ! Elle tend tout de même une joue pour lui faire la bise et la regarde s'éloigner. Une dernière gorgée de café. Elle n'a pas bien remué, le sucre est resté dans le fond de la tasse. De toute façon, se dit-elle, je déteste les gens.