There is a light

12 octobre 2017

Janvier

La-meteo-du-dimanche-1er-janvier-froid-et-gris-partout

 

Un mois de janvier comme tant d'autres, aussi froid, aussi blême, aussi empli d'espoirs vains que d'habitude, avec encore des relents de foie gras, et l'odeur écoeurante des galettes en vitrine. J'ai décidé d'arrêter de fumer. C'est une résolution si classique qu'elle paraît ridicule. Ma vie n'est qu'une longue suite de ces belles décisions vite enterrées sous des monceaux d'amertume.

Il y a un paquet vide sur la table basse : sa présence familière me rassure. Les rideaux aussi ont toujours cette odeur, celle que Cécile déteste. "Ce sera mieux pour le gosse", elle a dit. Quelques minutes de plaisir, des années de privation. J'en voulais même pas, et elle le savait. Est-ce que je pouvais, moi, lui fourrer sa pilule dans la bouche ? Elle veut l'appeler Fabien. Je déteste, mais je n'ai pas d'autres idées. Pourvu qu'il lui ressemble, une copie miniature de ma tronche, ça serait sûrement trop.

Avec Cécile, on s'est rencontrés il y a 3 ans. L'amour aurait duré encore, si elle ne m'avait pas pris pour un vulgaire donneur de sperme. Je reste avec elle uniquement pour ne pas lui faire ce plaisir. J'aide à enlever les vieux meubles, je monte le lit de bébé, et surtout, surtout, j'arrête de fumer. J'arrête à chaque minute du jour et de la nuit : quand je la regarde avec son ventre rond, quand elle en parle avec sa mère, quand elle sourit à la voisine, quand elle empile les catalogues de puériculture...J'arrête plus fort encore quand elle me dit, "tu seras un bon père", et quand je n'ose pas lui répondre que j'échangerais volontiers ce minuscule foetus contre quelques bouffées.

Juste une résolution de début d'année, qui tombe bien. Juste un petit bout de chair, qui tombe mal. Je serai là pourtant, s'il tombe, s'il pleure, ou s'il est sale. Parce que j'ai le sens de la famille. Parce que je ne voudrais pas m'être donné tant de mal pour rien. Parce qu'il est mon unique chance de tenir enfin une de ces foutues résolutions de début d'année, pour faire de ce mois de janvier un énième mois de janvier...juste un peu différent.

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11 octobre 2017

Précéder

C'est reparti pour le fameux challenge des 15 minutes d'écriture que j'avais commencé en 2014. Je vais progressivement remettre en ligne les textes pour ceux qui voudraient y accéder à nouveau.

La règle : prendre un mot au hasard dans le dictionnaire en mettant le doigt sur une page,  mettre un chrono de 15 minutes, et écrire pendant ce temps là, pas plus, un petit texte contenant le mot en question...pas de retouches, juste une relecture pour les fautes ou mots manquants.

Au passage, l'illustration de l'article est trouvée sur google image en tapant le mot trouvé dans le dico, d'où l'absence de lien avec la petite histoire dans un certain nombre de cas.

 

QUOTI_20170609_UNE_affaires

 

Voici donc le texte du jour, avec le mot "précéder" :

Joan ne se souvenait plus bien de ce qui avait pu précéder. Il l'avait acquise au prix de si nombreux efforts, l'attitude parfaite, ni trop discrète, ni trop fière, du parfait collégien qu'on laisse tranquille !

Un regard trop appuyé, un léger sourire, peut-être, car après tout, c'était vendredi soir, et le prof d'anglais avait laissé sortir la classe dix minutes plus tôt, "parce qu'ils étaient trop agités" - drôle de punition. Ils lui ont fait, comme on dit, goûter le goudron...surtout avec la joue gauche. Il a à peine reconnu le grand gaillard qui lui écrasait la tête avec sa vieille Nike pleine de boue. Quelques rires familiers, un coup dans le ventre, deux autres à l'arrière des mollets. Ils ont disparu en un rien de temps, laissant le sac à dos éventré, les feuilles imbibées de l'averse récente, et Joan, un peu sonné.

Le surveillant se tenait là de l'autre côté, tournant ostensiblement le dos : "passé le portail, ce ne sont plus nos affaires". Sa joue collait un peu, un sang poisseux mêlé d'eau sale. Tout ramasser et repartir discrètement, "moi, je ne suis pas un faible". C'avait été lui cette fois, un autre les jours suivants, qu'importe...

Le vrai problème, c'était sa mère. Sa mère et son insupportable "tu n'as pas l'air bien, mon chéri", sa façon si infantilisante de sortir un verre et d'y verser du jus d'ananas "ton préféré", et de demander si c'était grave, si c'était comme dans le documentaire de France 2 l'autre jour...et lui de répondre "t'inquiète, je suis tombé au basket". "Mais je pensais que tu n'avais pas sport aujourd'hui ?". Si tu savais maman, chaque heure, chaque minute avec eux, c'est du sport.

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26 décembre 2016

Here we go again

Arrêter, puis reprendre.

Ecrire me manquait.Pour écrire quoi, je ne sais pas trop pour l'instant. En tout cas, je relance la machine.

A très vite !

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28 février 2014

Concept

"La philosophie est surtout un travail conceptuel". Voilà, c'est dit. Certains élèves regardent déjà ailleurs, le portable sous la table, la pluie par la fenêtre, le cul de la camarade de l'autre rangée...Il n'est pourtant que 14h15..."Méthodologie, point deux, l'organisation de la dissertation". On est loin du cercle des poètes disparus, loin de l'activité libératrice, loin de la fièvre de la libido sciendi. Dire trois mots du programme, peut-être ? Ne pas dire qu'il est trop vaste, absurde, que l'auteur le plus récent est mort en 1984 (tiens donc !) et que, lorsqu'on parle de sciences, Descartes a toujours autorité. Ne pas dire que les concepts sont nazes, que leurs oppositions sont simplistes, qu'il est furieusement dictatorial de boucler un chapitre sur la liberté en faisant se chamailler Freud et Sartre...Que fait ce grand guignol blond ? En équilibre sur les pieds arrières de sa chaise, une gomme sur le bout du nez...Soit. On est terriblement imaginatif lorsque l'on s'ennuie. Faut-il lui rappeler ce qu'il sait déjà très bien ? Que le carrelage est dur, que son crâne n'est pas en béton armé, et que son cerveau a déjà suffisamment de mal avec la pauvre quantité de neurones qui...Ohla ! Doucement, la misanthropie. Générosité, écoute, dévotion. Les mots d'ordres du prof bon samaritain. Tant pis pour le programme. Prendre un ton assuré, poser les bases "Je ne tolèrerai aucun retard dans le rendu des devoirs, ce sera deux points par jours"...T'es maligne, toi, quand ils vont tous sécher puis se ramener en gémissant au cours suivant, une grippe, un stylo plume en panne, une grand-mère décédée pour la cinquième fois...faudra bien que tu réajustes ton échelle. La philosophie est surtout un travail conceptuel. Et enseigner...c'est quoi, le concept ?

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22 février 2014

Humanité

"Etre froid...manipulateur...incapable de faire preuve d'empathie...". Les mots des journalistes rebondissent sur les murs sales de la cellule, le traversent, puis filent à nouveau dans l'espace vide et puant. Il n'est pas triste, mais il se demande. Est-il cette bête que les badauds insultent lorsqu'il arrive au tribunal ? Et ces convulsions qui le traversent, ne s'appellent-elles pas "sentiments" ? Il revoit la fille nue, apeurée, tremblante. Les lions jouissent-ils ainsi de la proie qu'ils dévorent ? Comprennent-ils le pouvoir et la fièvre ? Tuent-ils pour le plaisir ? Il sent à nouveau ses mains sur son cou, sa gorge qui se contracte sous ses phalanges, il voit son visage qui supplie, qui se tord, avec déjà cette expression si précieuse, lorsque la mort est proche. C'est sa drogue à lui, son chocolat, son grand amour, sa cocaïne. Qu'y peut-il, lui, s'il est tombé là dessus ? Se demandent-ils, les autres, ce qu'ils feraient, si soudain, cette gentille voisine venue lui demander du lait devenait si appétissante, si insupportablement vivante, si...Comment peuvent-il dire qu'il n'est pas humain ? Il est l'humain même, dans toute sa belle fureur, sans bornes...et le voilà accusé, traité comme un chien, méprisé. Des excuses, a suggéré l'avocat. Il ne comprend pas pourquoi il devrait s'excuser. C'était un regrettable accident. Elle n'aurait pas du se trouver là, il y aurait du y avoir quelque chose...Si leur Dieu rabat-joie existait, il aurait réagi. Mais il n'y a pas de Dieu, alors ils ont inventé la justice. Pour se protéger de lui, pour se protéger d'eux-mêmes. Pour mieux cacher derrière des murs la laideur de l'humanité.

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21 février 2014

Mariées

Il y a quelque chose d'envoûtant chez les femmes mariées. Quelque chose de définitif. Je sais bien qu'elles divorcent, elles divorcent presque toutes. Mais avant ça, elles ont dit "oui", une fois, dans une belle robe blanche. Lorsque je vois leur alliance, je pense au jour où elles l'ont reçue. Je pense à leurs joues rouges, à leurs larmes, à leur joie naïve mais sincère. Et quand, après avoir rencontré un beau visage, mes yeux se posent sur une main nue, je ne peux m'empêcher d'être déçu : une femme qui n'est pas mariée n'est pas vraiment une femme. Pourquoi, me direz-vous, ne pas les épouser moi-même ? C'est une tâche trop grave. Je ne veux pas être cet homme là, je veux être celui qui vient après, celui qui brise et qui reconstruit, celui qui recueille, doucement, les déceptions et les rancoeurs d'une femme qui a juré d'appartenir à un autre. On me traite de monstre. Mes amis ne le disent pas, mais il y a de l'insulte dans les sourires gênés...et cette façon si indélicate de me parler de célibataires, avec des airs de par hasard...Souvent, elles ont des enfants. Ils ne m'intéressent pas et, malheureusement, leur naissance a laissé des traces sur les corps. Contrepartie presque inévitable, mais qui me fait rêver parfois au ventre blanc et lisse des jeunes femmes. Rien ne peut égaler, cependant, le déchirement intérieur de la femme mariée lorsqu'elle se donne à moi, la belle promesse qui se trouve salie, parfois dans les draps même où...J'y lis un destin d'une beauté tragique, et dans cette histoire, je suis l'instant décisif. Je risque le refus, mais ce refus même est une extase intense. Oui, ce que j'aime, c'est être une question, une question impérative, de celles auxquelles ne pas répondre non revient à hurler "oui".

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11 février 2014

Caquetante

Elle ouvrit la porte et une magnifique poule rousse caquetante se risqua à l'extérieur, dodelinant de la tête et faisant tourner dans tous les sens ses petits yeux ronds. Comme c'était grand ! Partout, de hautes touffes d'herbe, aussi hautes qu'elle, de grands pissenlits magnifiques, de l'espace, à perte de vue! Pas de grillage, pas de barrière, rien. C'était tout simplement inconcevable pour un cerveau de poule. C'est alors que quelque chose la serra au niveau du cou. Elle se débattit, écartant ses larges pattes rugueuses, donnant des coups de griffes dans le vide. Impossible de s'échapper. L'étreinte se desserra enfin, la poule essaya de fuir, mais soudain, horreur, nouvelle immobilisation ! On essayait de l'enfermer à nouveau, dans une petite cage grillagée. Elle se mit à pousser de grands cris. Découvrir un monde aussi grand, aussi prometteur, avec probablement une quantité extraordinaire de nourriture diverse, et retourner à nouveau derrière des grilles ?? Ce que ses copines poules allaient être étonnées, pourtant, de savoir qu'il existait un monde sans grillage : une révélation ! C'était un mauvais remake de l'allégorie de la caverne, version poule. Seulement voilà : les poules, ça ne fait de philosophie, ça ne parle même pas...et notre malheureuse protagoniste emporta son secret jusqu'au milieu des poivrons, des courgettes et du laurier sauce. "Alors, tu veux l'aile ou la cuisse ?" "Maman, je peux avoir un peu plus de jus ?" "Tu me passes le sel, s'il te plaît ?" "Tu l'as fait cuire pendant combien de temps ?"

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10 février 2014

Manuscrits

Dans le bureau, il n'y a que le bruit du balancier de l'horloge ancienne. Les manuscrits s'entassent, s'agglutinent, forment des strates. Milieu de la pile : 15 février. Fond de la pile : fin janvier. Le stylo plume fidèle a été abandonné, débouché, sur une feuille vierge. Les piles de livre s'élèvent, précaires grattes-ciel, vers les cimes d'un savoir innaccessible. L'homme est parti, il sourit au soleil, loin de la pénombre calme et de l'ambiance feutrée de cette pièce sacrée. Une légère odeur d'encens, bois de santal. Les lourds rideaux rouges repoussent le monde extérieur. Les chants d'oiseaux parviennent à rentrer, mais ils sont comme assourdis, dévitalisés, morts. Une araignée dans un coin, tout en haut, près du grand plafond sculpté, tisse sa toile. Elle n'est jamais dérangée : la femme de ménage n'a pas le droit d'entrer ici. Ici, c'est la pièce où lui viendra l'inspiration. Quatre heures d'écriture par jour, après un thé à la bergamote, sans sucre. Il a lu que les grands écrivains avaient ce genre de rituels, alors il les reproduit avec une ferveur naïve. Des pages, il en a écrit des milliers. Il les a envoyé à des centaines d'éditeurs, qui, parfois, n'ont même pas daigné répondre. Il est certain malgré tout, d'être un grand écrivain, un artiste. Il le sait, parce qu'il a toujours été différent, il a toujours aimé la poésie, les dictionnaires et, bien sûr, Proust. Cet après-midi pourtant, après la tasse de thé, il s'est avancé vers la lourde porte en bois, a posé sa main sur la poignée, puis s'est ravisé. Le mois de mars naissant sentait trop bon, ses jambes étaient épuisées de ne plus servir, ou si peu. Il s'est dit qu'il irait marcher un peu, moins d'une demi-heure, et qu'il reviendrait. Voilà pourtant une heure et demi qu'il n'est pas revenu. La pièce parfaite attend, avec fièvre, le retour d'un écrivain raté qui ne la mérite pas.

 

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09 février 2014

Favorables

"Tu n'arrêtes pas de t'agiter, mais parfois, tu sais, il faut seulement attendre que les vents soient favorables...". Un conseil de plus qui vient s'ajouter à la longue litanies de recommandations amicales...C'est la première fois, cependant, qu'on lui suggère la passivité. "..enfin, je veux dire, tu ne peux pas tout contrôler." . Pas tout contrôler ? Bien sûr que si. Rhétorique de faible..."Hein, t'en penses quoi ?". Ce qu'elle en pense ? Rien, rien du tout. Cela fait bien longtemps qu'elle ne pense plus. Le silence commence à s'étirer, il va bien falloir répondre quelques chose. Joker : "oui, tu as sans doute raison". Ca marche toujours. C'est pour ça que les gens donnent des conseils, pour le plaisir d'avoir raison. Que ceux-ci soient inutiles, blessants, convenus...peu importe, tant que l'autre fait semblant de les trouver bons. Mais cette fois quelque chose coince. "Tu t'en fous complètement, en fait ?" ...hé merde, ça se voit tant que ça ? Quelque part, cela lui fait plaisir que quelqu'un le remarque enfin, alors elle ne répond pas, et elle sourit en portant sa tasse de thé à ses lèvres. "Pourquoi est-ce que tu m'en parles, si tu n'écoutes pas ce que je te dis ?". Ca, c'est une bonne question, une très bonne question. Petit soupir, "je n'en sais rien, laisse tomber". "Comment ça, laisse tomber ??"...et c'est reparti : en plus d'être la victime, la voilà aussi accusée. "J'aurais mieux fait de me taire..." se dit-elle, pour la millième fois. Malheureusement, elle sait bien qu'elle ne se taiera pas pour autant la prochaine fois. Un problème d'espoir mal placé. Ou alors de masochisme. Pendant qu'elle se pose la question, l'autre s'est levée, agacée. "Il est tard, faut que je te laisse"...C'est ça, dégage ! Elle tend tout de même une joue pour lui faire la bise et la regarde s'éloigner. Une dernière gorgée de café. Elle n'a pas bien remué, le sucre est resté dans le fond de la tasse. De toute façon, se dit-elle, je déteste les gens.

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08 février 2014

Médicament

Comme tous les soirs, depuis 30 ans, Yvette prend le même médicament. Ce que fait la médecine aujourd'hui, c'est formidable. Des pilules contre le mal de vivre, contre la peur, contre la solitude. La verre tremble un peu et vient heurter ses dents. Elle n'a besoin que d'une gorgée , puis elle jette le reste du verre dans un pot de géranium. Hubert est parti il y a 4 ans. Maintenant, il n'y a plus qu'elle. Elle feuillette un magazine de cuisine. Il y a longtemps qu'elle ne cuisine plus. Les petits-enfants n'aiment que le poisson pané. Dans la radio, Beethoven, symphonie n°9. Dans l'air, une odeur d'ennui. Elle avance courbée, fatiguée dans son corps, mais surtout dans sa tête. Ce que fait la médecine aujourd'hui, c'est formidable. Elle vous rafistole de tous les côtés, un bout de hanche, un rein malade...Yvette est un peu cassée, surtout à l'intérieur. Contre cela, même la médecine ne peut rien. Elle y pense, songeuse, en regardant la pluie tomber. Il n'y a pas de médicament contre l'absence. Il n'y a pas non plus de médicament contre la violence d'un père indélicat. "Avec le temps, avec le temps, va..."...Yvette a 78 ans. Combien de temps faudra-t-il encore ? Sûrement cinq fois son âge. Ce que fait la médecine aujourd'hui, c'est formidable. Mais on a pas encore trouvé comment réparer les accrocs dans le monde, la cruauté des uns, l'indifférence des autres. Alors, en attendant, Yvette range son pilulier.

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